À propos

Préambule sur la vanité Écrire une page "À propos" est un exercice que je trouve difficile, car il flirte dangereusement avec la vanité. Cependant, pour comprendre ce que vous trouverez sur ce site, il est nécessaire de comprendre l'homme derrière le clavier. J'ai 33 ans, et ce site est le reflet de mes positions : sur l'informatique, sur la liberté intellectuelle, et sur les structures de notre société.

1. L'école de l'ennui et la première confrontation au réel

Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais apprécié l'école. Non pas à cause d'un rejet social - j'étais plutôt bien intégré - mais par ennui profond. Je trouvais l'enseignement lent et l'utilité des matières souvent douteuse.

C'est cet ennui qui m'a poussé, vers 14 ans, à apprendre le développement web en autodidacte. À 15 ans, j'ai sorti mon premier jeu par navigateur, FinalWar, basé sur l'univers de Naruto. Durant cette période, j'ai décroché de l'école, préférant mon code aux cours. C'est là que j'ai appris ma première leçon juridique brutale : la propriété intellectuelle. J'ai dû fermer le projet par crainte des royalties. Un coup dur, mais formateur.

Note rétrospective : Avec le recul, mes arrêts fréquents et mon passage par une filière technique ont fusillé ma capacité scolaire "classique". Aujourd'hui encore, apprendre des matières "bateaux" m'est pénible, alors que les concepts complexes mais logiques me semblent beaucoup plus cohérents et simples à assimiler.

2. La parenthèse conspirationniste et la naissance de l'esprit critique

Durant mes dernières années de secondaire, j'ai découvert les théories du complot, notamment sur les Illuminati. J'y ai cru, sincèrement. Ma logique était altruiste : si un tel complot mondial existe, c'est grave, et il est de mon devoir de prévenir les gens.

J'ai tenté de convaincre mon entourage. Et c'est précisément en essayant de prouver ces théories que j'en ai découvert la supercherie. J'ai réalisé que les sources "complotistes" tournaient en boucle, se citant les unes les autres sans jamais apporter de preuve tangible. Cette expérience a été fondamentale : elle a forgé mon scepticisme et ma méthode de vérification des sources. Une erreur de parcours qui s'est transformée en outil intellectuel.

3. Le mur universitaire : Physique et fracture sociale

Après un stage en bureautique très réussi, j'ai eu la vanité de croire que je pouvais tout faire. Je suis parti à l'Université de Liège en Physique. Ce fut un choc. Je suis arrivé avec un triple handicap invisible :

J'ai mis deux ans à acquérir une méthode, pour finalement échouer sur le fil la troisième année. Une période marquée par un sentiment d'injustice face à un système qui ne pardonne pas le manque de capital (financier ou culturel).

4. Le mental "Hardcore Gamer" et le retour au code

Après une période de flou, je suis retourné à l'Université, en Informatique cette fois. J'y ai brillé, non seulement grâce à mes acquis, mais aussi grâce à mon tempérament.

Il y a un trait de caractère qui me définit assez bien : je suis un "Hardcore Gamer". Principalement sur des MOBA ou MMORPG, je ne joue pas pour passer le temps, je joue pour la performance. Viser le top 0.1% est pour moi un standard minimum. Ce perfectionnisme, ce besoin de "tryhard" et d'optimiser chaque détail, je l'applique aussi à mon code et à mes projets. C'est ce qui m'a permis de reprendre le dessus et de réussir mes années, malgré un parcours chaotique.

5. Éthique et Game Design : Le refus du "Dark Pattern"

Mon retour au développement a été marqué par une prise de conscience éthique. J'ai développé deux jeux (dont Onimemory, basé sur les dessins de mon frère). Techniquement et ludiquement, c'était une réussite : mes amis testeurs adoraient et ne lâchaient plus l'écran.

J'avais réussi à implémenter des mécaniques addictives pour la rétention et la monétisation. C'est ce qu'on appelle des Dark Patterns : utiliser le design pour exploiter les faiblesses psychologiques de l'utilisateur. Quand j'ai réalisé que je manipulais la dopamine des gens au lieu de leur offrir une expérience saine, j'ai tout arrêté. Pour moi, un bon Game Design doit offrir un sentiment d'accomplissement et avoir une fin, pas enfermer le joueur dans une boucle de frustration infinie. Je compte ressortir ces projets un jour, mais nettoyés de tout aspect toxique.

6. L'économie du risque et l'énergie morte

En 2021, je me suis plongé dans la création d'un système de trading haute fréquence basé sur des statistiques (n-grammes). Le modèle a révélé une réalité économique fascinante et cruelle. Le système fonctionnait parfaitement pour les gros capitaux (frais de 0.005%) avec un "hit rate" de 53%, suffisant pour être rentable. Mais pour les petits capitaux (frais de 0.01%), ce taux tombait à 48%, rendant le modèle perdant. Cette infime variation de frais condamnait les petits portefeuilles.

Cela a forgé ma vision politique : l'argument qui dit que "les riches paient moins de taxes car ils prennent plus de risques" est faux. Le vrai risque est pris par celui qui investit l'argent de sa survie, pas par celui qui joue avec son surplus. De plus, je considère la finance pure comme de l"énergie morte" qui ne contribue pas à la production réelle. Paradoxalement, j'adore construire ces modèles mathématiques pour le défi intellectuel, tout en détestant ce qu'ils représentent. C'est une de mes contradictions assumées.

7. Entrepreneuriat et réalité de terrain

En parallèle de ce parcours académique sinueux (cours du soir explosés en un temps record, mais ralentis par l'administration), j'ai toujours gardé un pied dans le réel. J'ai commencé par vendre des sites web à des commerçants locaux et j'ai évolué vers du conseil informatique honnête : orienter les gens vers du matériel reconditionné et adapté à leurs besoins réels, plutôt que de leur vendre de la technologie inutile.

8. Une note sur l'entourage

Si ce texte est centré sur mon parcours, aucun de ces chemins n'a été parcouru seul. Je choisis volontairement de ne citer aucun nom ici, par respect pour leur vie privée et parce que la liste serait trop longue. De mes années d'études à mes projets de développement, nombreux sont les amis qui, parfois sans même le savoir, m'ont soutenu, motivé ou simplement écouté. Leur impact a été décisif et je les en remercie.

9. Aujourd'hui

Au terme de ce parcours et de ces expériences, j'ai le sentiment d'être enfin devenu l'individu que je cherchais à être : quelqu'un qui aime le partage des connaissances sans restrictions.

L'informatique est pour moi bien plus qu'un métier : c'est la science de l'information, une discipline pivot qui, loin de m'enfermer, nourrit ma soif de connaissances pour toutes les autres sphères, de la physique aux sciences humaines. J'aime tenter d'analyser les biais de toutes les sphères scientifiques ou sociales. C'est pourquoi j'aime discuter : non pas pour convaincre, mais pour confirmer ou infirmer mes propres idées.

Ce site existe pour prolonger cette démarche. Je partage ici mon code, mes recherches, et mes réflexions, en essayant de contourner ce système académique qui force à morceler la connaissance.

Ici, la recherche est libre, et le code est ouvert.